Hypersomnie

L’hypersomnie désigne un ensemble de troubles caractérisés principalement par une somnolence diurne excessive (SDE). La SDE est définie comme un excès de somnolence incontrôlée qui survient à des moments inappropriés. Cet état se manifeste dans des périodes de monotonie et peut entraîner un accroissement de la durée de sommeil diurne sans pour autant amener une sensation nette de repos.

La SDE peut avoir des répercussions graves sur la vie personnelle, familiale et professionnelle, comme de la difficulté à conduire ou à accomplir des activités professionnelles, et diminuer la qualité de vie.

La SDE doit perdurer pendant au moins trois mois pour qu’un diagnostic soit établi.

L’hypersomnie peut résulter d’un trouble du système nerveux central (hypersomnie primaire) :

Narcolepsie
. La narcolepsie est un trouble neurologique qui se caractérise par quatre principaux symptômes:

1. Somnolence diurne excessive
(SDE) : La SDE est le premier et principal symptôme à survenir.
2. Cataplexie: Perte soudaine et brève du tonus musculaire, généralement causée par une émotion vive (rire, colère). Sa durée est brève, allant de quelques secondes à plusieurs minutes. La personne est consciente de l’événement. La cataplexie survient souvent dans l’année qui suit l’apparition de la narcolepsie. Éventuellement, une paralysie du sommeil et des hallucinations hypnagogiques apparaissent.
3. Paralysie du sommeil : Perte soudaine et brève du tonus musculaire apparaissant lors d’un endormissement ou d’un réveil. Bien que la personne soit consciente de l’événement, elle ne peut pas bouger ni parler.
4. Hallucinations hypnagogiques : Rêves vivides survenant lorsque la personne est somnolente (période avant le sommeil).

La narcolepsie, bien que rare, est le trouble d’hypersomnie primaire le plus fréquent, avec une prévalence évaluée à 0,5 %.
Elle apparaît chez les personnes de 5 et 55 ans, les premiers signes apparaissant généralement avant l’âge de 25 ans. Son diagnostic repose sur une
polysomnographie (PSG) et permet d’objectiver un endormissement en stade paradoxal (aussi appelé SOREMP), principal signe de narcolepsie. Un test itératif de la latence d’endormissement (TILE ou Multiple Sleep Latency Test – MSLT) est souvent prescrit en complément à la PSG. Le diagnostic de narcolepsie s’appuie sur une latence d’endormissement moyenne de moins de huit minutes, avec deux épisodes ou plus d’endormissement en stade paradoxal et la présence de somnolence diurne excessive.

L’ICSD-II considère la narcolepsie avec catalepsie et celle sans catalepsie comme deux troubles du sommeil distincts.

Hypersomnie idiopathique
(cause inconnue)

Un état de somnolence diurne excessive (SDE), avec ou sans augmentation du sommeil nocturne. Les patients atteints de SDE mais sans augmentation du sommeil nocturne peuvent présenter une latence d’endormissement moyenne de moins de huit minutes, mais avec moins de deux épisodes d’endormissement en stade paradoxal. Cet état diffère de celui des patients atteints de narcolepsie (sans cataplexie) car ces derniers, malgré la SDE, présentent deux épisodes ou plus d’endormissement en stade paradoxal. Dans les autres cas, les patients atteints de SDE connaissent une augmentation du sommeil nocturne. L’hypersomnie idiopathique semble courante dans certaines familles.


L’hypersomnie peut aussi être causée par la présence d’un autre trouble médical (hypersomnie secondaire), dont l’un des principaux symptômes est la somnolence diurne excessive:


Apnée du sommeil
Mouvements des membres
Trouble du rythme circadien du sommeil

Syndrome de résistance des voies aériennes supérieures (SRVAS) : Syndrome clinique qui résulte d’un éveil lié à un effort respiratoire (RERA) et dont le principal symptôme est la somnolence diurne excessive.
Déficit d’attention-hyperactivité : Trouble du développement touchant l’enfant et l’adulte. Les symptômes associés incluent l’impulsivité, une agitation excessive, une faible persévérance lors de situations peu stimulantes et de la somnolence diurne excessive.



Quels sont les
traitements de la narcolepsie ?
L’hypersomnie regroupe les cas d’hypersomnie primaire (narcolepsie, hypersomnie idiopathique) ou secondaire (apnées du sommeil, mouvements involontaires des membres), les troubles du rythme circadien du sommeil et certains autres troubles du sommeil (lents dormeurs).

Les traitements pour l’hypersomnie varient d’une condition à une autre et selon l’âge du patient.

1. Narcolepsie : Des stimulants du système nerveux central (le modafinil ou le méthylphénidate dans certains cas) ou des antidépresseurs pour traiter la cataplexie, peuvent être prescrits, et des traitements non pharmacologiques peuvent être recommandés. Ces derniers incluent le maintien d’une bonne hygiène du sommeil et la planification de courtes siestes diurnes permettant de retarder les épisodes narcoleptiques.

REMARQUE
: Les médicaments prescrits pour traiter une cataplexie associée à une narcolepsie peuvent déclencher ou même aggraver le trouble comportemental en sommeil paradoxal, une parasomnie primaire du sommeil paradoxal.

2. Apnées du sommeil : Chez l’adulte, un appareil à pression positive sera prescrit. Chez l’enfant, on recommandera plutôt l’ablation des amygdales ou des adénoïdes.

3. Mouvements involontaires des membres : un médicament sera prescrit.

4. Pour les adolescents de type « lents dormeurs » ou les travailleurs de quarts, l’exposition à la lumière vive ou bien une chronothérapie (réajustement du rythme circadien du sommeil) sera plutôt recommandée, de même que l’adoption d’habitudes propres à une bonne hygiène du sommeil.
Consultez votre médecin pour déterminer le traitement adapté à votre condition.


Signes d’alerte de l’hypersomnie

Somnolence diurne excessive
Fatigue
Hyperactivité



Références :
American Academy of Sleep Medicine. International Classification of Sleep Disorders: Diagnostic and Coding Manual. 2nd ed. Rochester, 2005.

Lévy, P., et al. Sleep Disorders and Their Classification–An Overview. Dans Randerath WJ., Sanner BM., Somers VK (eds). Sleep Apnea: Current Diagnosis and Treatment. Progress in Respiratory Research. vol. 35, 2006.

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