Parasomnie

Qu’est-ce que la parasomnie ?
Les parasomnies sont des événements indésirables qui surviennent pendant le sommeil et qui impliquent souvent des comportements complexes et orientés vers un but. Elles se manifestent après l’endormissement, pendant le sommeil ou au moment de l’éveil.

Les parasomnies sont une manifestation des états dissociés de sommeil
, qui sont un mélange ou une superposition de l’état de veille et du sommeil profond non paradoxal (troubles de l’éveil tels que le somnambulisme, les terreurs nocturnes ou les éveils confusionnels) ou du sommeil paradoxal (trouble comportemental en sommeil paradoxal, cauchemars).

Chez l’enfant et l’adolescent, les parasomnies les plus fréquentes sont le somnambulisme, les éveils confusionnels, les terreurs nocturnes et les cauchemars, alors que chez l’adulte, la parasomnie la plus fréquente est le trouble comportemental en sommeil paradoxal. Des éveils confusionnels peuvent aussi apparaître. De façon générale, l’individu n’a pas conscience de ces comportements et ne s’en souvient pas au réveil (sauf pour les cauchemars).

Parasomnies chez l’enfant


I. Parasomnies survenant en sommeil profond
(non paradoxal, stade 3)

Les éveils confusionnels surviennent surtout en début de nuit, mais peuvent aussi se répéter plus tard. Les manifestations cliniques comprennent des grognements, des pleurs et de l’agitation. L’enfant semble éveillé alors qu’il dort profondément. Il refuse tout réconfort. Les éveils confusionnels sont fréquents chez les enfants de moins de 5 ans.

Le somnambulisme désigne une série de comportements moteurs complexes. Les manifestations cliniques comprennent le fait de s’asseoir dans le lit, de se promener et même de sortir de la maison. L’épisode de somnambulisme peut être calme ou agité, atteindre divers degrés de complexité et être de durée variable. Les somnambules sont difficiles à réveiller, sont souvent dans un état confusionnel et ne se souviennent pas de ces épisodes au réveil. Ces épisodes surviennent surtout dans le premier tiers de la nuit. Environ 17 % des enfants âgés de 10 à 13 ans souffrent de somnambulisme. Ainsi, il touche les enfants plus âgés.

Les terreurs nocturnes surviennent généralement quelques heures après l’endormissement de l’enfant. Le début de la terreur nocturne est souvent brutal et se manifeste de la façon suivante : l’enfant est dans son lit avec les yeux ouverts, effrayé, hurlant. Des manifestations du système nerveux autonome (tachycardie, tachypnée, bouffées vasomotrices, diaphorèse ou tonus musculaire accru) ou des modes de comportement (peur intense, mouvement pour sortir du lit) peuvent survenir. Bien qu’elles soient habituellement bénignes, les terreurs nocturnes peuvent être assez violentes pour que la personne se blesse ou qu’elle inflige des blessures à d’autres. Comme dans le somnambulisme, l’éveil est difficile et est souvent associé à un état confusionnel et à une amnésie de l’épisode, au réveil. L’enfant se rendort facilement. Environ 1 à 3 % des enfants de moins de 15 ans présentent des terreurs nocturnes.

II. Parasomnie survenant en sommeil paradoxal

Les cauchemars surviennent vers la fin d’un cycle du sommeil, le plus souvent vers la fin de la nuit. Les cauchemars se distinguent des rêves par leur contenu effrayant et anxiogène. Ils sont accompagnés au réveil d’un état de peur ou de tristesse. Contrairement aux parasomnies qui surviennent en sommeil lent, l’enfant se réveille facilement et ne présente aucune confusion ni désorientation. Le retour au sommeil peut cependant être difficile, mais l’enfant se laisse réconforter facilement. Environ 10 à 50 % des enfants de 3 à 5 ans ont des cauchemars occasionnels. La fréquence de ceux-ci diminue avec l’âge, mais ils peuvent persister chez certains adultes.

Parasomnies chez l’adulte
I. Parasomnies survenant en sommeil profond (non paradoxal, stade 3)
Les éveils confusionnels peuvent apparaître aussi chez l’adulte. Ils se manifestent par des cris et des sursauts. La personne semble éveillée, désorientée ou irritée et refuse tout réconfort. Environ 4 % des adultes présentent des éveils confusionnels.

Le somnambulisme (près de 4 % des cas) et les terreurs nocturnes (près de 4 à 5 % des cas) peuvent également être observés chez les adultes.
Souvent, la prévalence et la fréquence d’apparition de ces événements diminuent avec l’âge. Cependant, ces désordres peuvent débuter ou persister à l’âge adulte. Certains facteurs tels que la privation de sommeil, la consommation d’alcool et la prise de médicaments peuvent également déclencher ce trouble.

II. Parasomnies survenant en sommeil paradoxal
(REM Sleep)
Le trouble comportemental en sommeil paradoxal est un trouble du sommeil associé à des affections du système nerveux central tel que la maladie de Parkinson ou une affection vasculaire. Ce désordre se caractérise par un comportement violent survenant en fin de nuit, alors que le sujet dort profondément en sommeil paradoxal. Les manifestations cliniques sont : des cris, une gesticulation brusque, des mouvements précipités sur le partenaire ou un saut violent hors du lit. En fait, la personne « vit ses rêves » comme s’ils étaient réels et tente donc d’échapper au danger qu’elle perçoit. Le trouble comportemental en sommeil paradoxal se distingue des autres parasomnies par le fait que la personne mime ses rêves en sommeil paradoxal, alors que de façon générale, durant ce stade de sommeil, tous nos muscles (sauf ceux de la respiration et du coeur) sont paralysés. La prévalence du trouble comportemental en sommeil paradoxal est de 0,5 % et touche essentiellement les hommes de plus de 50 ans.

Le trouble comportemental en sommeil paradoxal (forme aiguë) peut être un des effets secondaires de certains médicaments sur ordonnance, comme les antidépresseurs.
Sous sa forme chronique, ce trouble comportemental peut être idiopathique ou associé à des troubles neurologiques. Il peut aussi être un signe avant-coureur de ces troubles et survenir jusqu’à dix ans avant l’apparition nette de la dysfonction neurologique. On a observé une incidence élevée du trouble comportemental en sommeil paradoxal chez les patients atteints de narcolepsie. Le trouble comportemental en sommeil paradoxal est fréquemment associé à des mouvements périodiques des membres pendant le sommeil profond (non paradoxal) et, dans certains cas, à l’apnée du sommeil.

Les cauchemars peuvent apparaître aussi chez l’adulte. Cependant, ils sont souvent liés à des périodes de stress intense ou sont consécutifs à un choc post-traumatique. Certains facteurs, tels que la consommation d’alcool et la prise de certains médicaments, accentuent les cauchemars.

Chez l’enfant ou l’adolescent comme chez l’adulte, les parasomnies peuvent avoir des conséquences graves sur le patient ou sur son entourage. Chez l’enfant et l’adolescent, les parasomnies peuvent avoir un important retentissement psychosocial. Le diagnostic doit donc être soigneusement établi à l’aide d’un entretien clinique et parfois, selon les cas, être objectivé par une polysomnographie.

 


Quels sont les traitements des parasomnies ? Des précautions simples peuvent être prises pour réduire l’incidence de parasomnies, parmi lesquelles:

1. Garder la chambre propre et dégagée;

2. Sécuriser les portes et les fenêtres;
3.Une bonne hygiène du sommeil est essentielle et devrait être renforcée en prévention et en présence de parasomnies;
4. Dans les cas les plus sévères, une thérapie médicamenteuse (benzodiazépines) ou psychologique (clinique, hypnose, comportementale) peut être recommandée.

 


Consultez votre médecin pour déterminer le traitement adapté à votre condition.

Signes d’alerte de parasomnie

Perturbation du sommeil du patient, de son/sa partenaire ou des deuxComportements automatiques violents ou non violentsCris et pleurs pendant la nuit
Respiration nocturne haletante
Blessures au réveil
Troubles relationnels

Références :

American

Academy
of Sleep Medicine. International Classification of Sleep Disorders: Diagnostic and Coding Manual. 2e éd. Rochester, 2005.
Mahowald, M., Schenck, C. Insights from Studying Human Sleep Disorders. Nature. 437: 1279-1285.

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