Sommeil normal

Le sommeil se modifie avec l’âge. Des distinctions importantes sont observables entre le nourrisson, l’enfant et l’adolescent, et entre l’adulte et la personne âgée. Quel est le « sommeil normal » selon les âges?

Adulte et personne âgée
Le sommeil de l’adulte est généralement récupérateur. Il dort entre sept et huit heures ce qui représente un endormissement rapide avec peu d’éveils durant la nuit. Son
architecture du sommeil présente toutes les composantes normales : prépondérance du sommeil profond au début de la nuit et du sommeil paradoxal dans la seconde partie de la nuit. Cependant, des difficultés surviennent parfois et se traduit par un sommeil non récupérateur : longue latence d’endormissement, avec des éveils fréquents. De multiples facteurs peuvent entraîner un mauvais sommeil et incluent le style de vie (travaille par quart), de mauvaises habitudes du sommeil (aller au lit trop tôt) ou des maladies (arthrite, dépression).

Chez la personne âgée, le sommeil est souvent de plus courte durée (en moyenne six heures) avec des siestes durant la journée. Le sommeil devient plus léger au profit d’une réduction du sommeil profond (non-REM Sleep), sans grande modification du sommeil paradoxal (REM Sleep). Les éveils nocturnes sont plus fréquents et de plus longue durée que chez les personnes plus jeunes. En opposition aux adolescents, les personnes âgées vont au lit plus tôt et se lèvent plus tôt. Ces différences sont imputables aux désajustements entre l’horloge biologique (située dans le cerveau) et le rythme éveil-sommeil.

Nourrisson, enfant et adolescent

Le nourrisson dort en moyenne de 16 à 18 heures par jour. La durée de leur cycle éveil-sommeil est d’environ trois à quatre heures par période de 24 heures. Le sommeil du nourrisson est composé du sommeil calme (précurseur du non-REM Sleep, stages 1,2,3) et du sommeil agité (précurseur du sommeil paradoxal ou Rem Sleep). À partir de l’âge de trois mois, le sommeil du nourrisson peut être subdivisé en sommeil lent, en sommeil profond et en sommeil paradoxal, et ce, de façon similaire à l’architecture du sommeil observé chez l’adulte. Cependant, la durée d’un cycle du sommeil (association du sommeil lent, profond et paradoxal) différera entre le nourrisson et l’adulte: le nourrisson âgé entre trois et neuf mois présentera en moyenne une douzaine de cycles du sommeil, tandis que l’adulte en présentera environ cinq à six.

L’enfant âgé de moins de six ans dort en moyenne de 10 à 12 heures, sans aucune sieste diurne.

L’adolescent dort en moyenne neuf heures par nuit. De plus, il aura tendance à aller au lit plus tard et à se lever plus tard. Souvent, nos adolescents présentent un syndrome de retard de phase qui est conditionné par des facteurs sociaux et qui compromet grandement leur santé physique et psychologique.


À quel âge surviendraient ces altérations du sommeil ?

Existe-t-il un âge critique auquel surviendraient ces modifications du sommeil ? Selon une des plus importantes études longitudinales américaines (Sleep Heart Health Study), le sommeil se modifierait dès l’âge de la trentaine, et non pas durant la soixantaine contrairement à ce que l’on croyait auparavant. Par exemple, le sommeil profond (non-REM sleep) diminuerait dès la quarantaine, et cette diminution serait plus marquée chez les hommes d’âge moyen et chez les hommes et les femmes âgés de plus de 70 ans.


Et les siestes diurnes ?

Indépendamment des jeunes enfants, les siestes sont généralement recommandées pour les adultes ne présentant aucune difficulté à s’endormir ou à maintenir leur sommeil ou également dans certains cas de narcolepsie. Une sieste effectuée le jour peut interférer avec la nuit de sommeil à venir. La durée idéale d’une sieste diurne à la maison ou au travail (pour les gens travaillant par roulement) se situe entre 10 à 20 minutes. La sieste sera ainsi, assez courte pour ne pas interférer avec la nuit de sommeil à venir ou avec la vigilance au travail. Si vous ressentez de la fatigue ou de la somnolence de jour, et ce, malgré une quantité du sommeil suffisante, consultez votre médecin.


Référence :

American Academy of Sleep Medicine. International Classification of Sleep Disorders: Diagnostic and Coding Manual. 2e éd.

Rochester
, 2005.

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